« Voilà des avis de décès qu’on a rarement autant diffusés et qui ont rarement autant réjoui : il paraît que la droite et la gauche seraient mortes. C’en serait fini de ces deux catégories politiques, ancrées dans la vie institutionnelle, de manière formelle, depuis la révolution française, et dont la fortune est universelle. Elle permet en effet de se repérer dans à peu près tous les contextes politiques – du moins là où le pluralisme des partis existe. En France, particulièrement, l’arrivée aux affaires du macronisme flamboyant s’était accompagnée de cet argument décisif: «Je balaye, disait le président français, l’ancien monde, la gauche et la droite, les conservateurs et les progressistes, et j’invente quelque chose de nouveau ». À vrai dire, on attend encore le début du commencement de cette invention. On a même pu se rendre compte qu’en fait de nouveau, le chef de l’État et son parti politique avaient rapidement adopté les vieilles manies: devenus vieux avant d’avoir été jeunes, en quelque sorte… « .
