Par Sergyl Lafond, Médecin biologiste, membre de VIA | PCD
Face à l’intelligence artificielle, un biologiste médical lit l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV — et y retrouve une inquiétude portée depuis des années.
Il arrive parfois qu’un texte ne donne pas seulement des idées, mais mette soudain des mots sur une inquiétude silencieuse que l’on porte depuis des années. En lisant Magnifica Humanitas, l’encyclique publiée le 15 mai 2026 par le pape Léon XIV, j’ai éprouvé cela avec une intensité rare.
À soixante et onze ans, après une vie passée entre les laboratoires hospitaliers, la recherche en immunologie et l’industrie du diagnostic médical, je lis ce texte moins comme un théologien que comme un homme qui a vu la médecine changer de visage. J’ai connu une époque où l’on parlait encore longuement avec les cliniciens pour discuter d’un résultat inquiétant ; où un biologiste n’était pas seulement un producteur de chiffres mais un interlocuteur engagé dans la décision. J’ai vu ensuite monter, année après année, la logique du flux, de l’optimisation, du pilotage par les données.
Je ne suis pas hostile au progrès technique. Toute ma vie professionnelle s’est construite avec lui. Les automates ont amélioré la précision analytique, réduit des erreurs parfois dramatiques. Le diagnostic moléculaire a permis des avancées extraordinaires. Il serait absurde de sombrer dans une nostalgie antimoderne.
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